Arrêter de fumer, pourquoi la volonté ne suffit pas !

Combien de fois entendez-vous « Si tu voulais arrêter de fumer… » ou bien « Un peu de volonté, Madame, pensez à votre enfant ! » lancé méchamment par un non-fumeur à une femme enceinte.

Si c’était si simple beaucoup des fumeurs qui nous entourent auraient jeté leur dernière cigarette depuis longtemps et vous en premier !

on peut avoir assez de volonté pour gravir un sommet et être incapable d'arrêter de fumer

On peut avoir assez de volonté pour gravir un sommet et ne pas arriver à arrêter de fumer !
Car arrêter de fumer n’est pas une question de volonté !

Arrêter de fumer en faisant appel à votre volonté

Regardez autour de vous combien de fumeuses et fumeurs, des femmes et des hommes habituellement volontaires, dynamiques, qui gèrent très correctement leur vie, n’arrivent pas à quitter le tabac.

 

Pensez-vous vraiment que ces gens manquent de volonté ?
Vous même peut-être, pensez manquer de volonté pour arrêter de fume une fois pour toute !
Certes, décider d’arrêter de fumer est un acte volontaire.
En effet sans la volonté d’arrêter de votre part, rien n’est possible.
Mais ça ne suffit pas !

De nombreux fumeurs ont souvent décidé d’arrêter de fumer.
Mais la démarche pour réussir à arrêter de fumer est bien plus complexe qu’il n’y paraît, et la volonté seule, ne vous sera d’aucun secours.

Un non fumeur, c’est à dire quelqu’un qui n’a jamais fumé peut difficilement comprendre la puissance addictive du tabac.
Je parle bien d’un non-fumeur, pas d’un ex-fumeur.

Addiction et volonté

L’addiction n’est pas du domaine de la volonté.
L’addiction est caractérisée par un besoin irrépressible de consommer un produit, en ce qui vous concerne, le tabac.
La volonté n’y peut rien.

Mécanisme de l’addiction

Notre cerveau a un fonctionnement très particulier, sans lequel nous ne pourrions survivre.
Une partie de ce cerveau gère tous les automatismes vitaux.

Si nous devions penser à chaque instant à :

  • respirer
  • régler notre rythme cardiaque
  • et ces mille choses nécessaires à notre survie

je n’aurais jamais été en mesure d’atteindre un âge assez avancé pour écrire ces lignes, et vous pour les lire !

Une partie de notre cerveau, docile magasinier :

  • nous donne soif, quand notre organisme manque d’eau
  • nous fait respirer quand le sang contient trop de gaz carbonique etc.

Aussi extraordinairement dévoué qu’il l’est à notre survie, il est malheureusement bien imparfait !

Il lui arrive de se tromper.
Quand il se trompe, il a beaucoup de mal à le reconnaître.
Et là, il est têtu, mais têtu !

Comment le tabac trompe notre cerveau

Le gentil cerveau se trompe quand il s’agit de tabac !

A la première cigarette, il remarque bien qu’il y a de la nicotine dans le sang et d’autres produits issus du tabac.
Un nouveau fumeur est marqué dès sa première cigarette.

Ce sont les récepteurs nicotiniques qui l’avertissent.
Ces récepteurs nicotiniques portent ce nom parce qu’ils sont sensibles à la nicotine.
Il est rare que l’on devienne addicte dès la première cigarette, mais, ça arrive malheureusement quelquefois, surtout chez les très jeunes fumeurs.

En répétant la consommation, arrive un moment où notre cerveau – robot – magasinier fidèle, intègre ces produits et principalement la nicotine comme nécessaires à notre survie.
C’est évidemment totalement faux !
Mais votre cerveau robot ne le sait pas et un fumeur le ressent ainsi.

A ce moment, vous êtes piégé(e) dans l’addiction tabagique.

Pour cette raison, il n’est pas rare de voir un fumeur annuler son premier rendez-vous chez le tabacologue, pris de panique à l’idée d’arrêter de fumer et vivre sans sa cigarette.

Faim de tabac

Toutes les demi-heures en moyenne, ce cerveau robot – docile magasinier déclenche chez vous des stimuli, pour vous donner « faim » de tabac.
Le plus terrible, c’est que ces stimuli vont prendre un aspect de malaise, d’inconfort, de stress.

Sans réfléchir, vous sortez une cigarette.
Rien que de l’avoir en main, vous vous sentez déjà mieux.
Pourtant, vous n’avez encore rien consommé !
Votre cerveau sait que sa dose va arriver.

Comme lorsque affamé(e), de mauvaise humeur peut-être, de vous être assis(e) au restaurant, d’avoir la carte en main, vous allez déjà mieux.
La bonne humeur est revenue, parce que votre magasinier sait que vous allez manger.

La cigarette calme la « faim » de tabac

Et notre diligent magasinier ne va pas aller jusqu’à nous aider à comprendre l’origine de ce malaise, engendré par la cigarette précédente.
Il se contente de l’intendance : bête et discipliné, il y a un manque, il approvisionne.
Un point, c’est tout !
Peu importe l’origine du manque.

Plaisir et tabac

Votre besoin comblé, vous éprouvez une sensation de bien être, qui confine au plaisir.
Le shoot provoqué par l’arrivée rapide de la nicotine aux récepteurs nicotiniques (moins de 7 seconde entre la bouffée et la réaction des récepteurs nicotiniques – il faut 17 à 18 secondes pour un produit injecté en intraveineuse -.) déclenche une sensation de plaisir intense.
Ces shoots répétés tout au long de la journée jouent un rôle essentiel dans l’addiction tabagique.
Vous en saurez plus sur ce phénomène en lisant cet article consacré au cerveau – robot ou cet autre article sur l’autotitration.

Ne parlez plus de volonté pour arrêter de fumer

Peut-être êtes-vous comme nombre de fumeurs pourtant habituellement volontaires dans leur vie, ne comprennant pas ce qui leur arrive.
Désarmés, n’osant pas se l’avouer ou l’avouer à leur entourage, ces fumeurs préfèrent faire l’autruche et dire « Je m’arrête quand je veux » ou « je n’ai pas envie d’arrêter de fumer ».
Au lieu de dire « je voudrais arrêter de fumer, mais je n’y arrive pas. Le tabac est plus fort que moi ! »
Et chaque fois qu’un non-fumeur leur dit « Arrêter de fumer, n’est qu’une question de volonté », chaque fois, c’est une petite blessure, une petite humiliation.

Maintenant, vous savez ; vous ne direz plus « Un peu de volonté », mais « Motive-toi, je suis sûr que tu peux arriver à arrêter de fumer » !
Vous serez beaucoup mieux reçu(e), vous verrez !

Si le sujet vous intéresse, je le développe ici !

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