Pourquoi faudrait-il interdire le Snus® ?

Pourquoi interdire le Snus® ?

Cet article fait suite à l’article que j’ai écrit il y a un an déjà – “Le Snus®” – , où j’indiquai en quoi le Snus® est intéressant au point de vue santé du fumeur.
Le British American Tobacco (BAT) demande la légalisation de la vente du Snus® en Europe et tout le petit monde de la prévention du tabac se trouve en émoi !
Quelle logique dirige les associations de lutte contre le tabac et les associations de prévention du tabagisme ?

Snus ou cigarette

Le snus, une alternative à la cigarette
beaucoup moins dangereux à consommer !

Interdiction du Snus®

Une proposition de loi est déposée à l’assemblée nationale pour autoriser la vente du Snus®, reconnu moins dangereux que le tabac fumé.
Le BAT demande officiellement l’autorisation de vente du Snus® en Europe et déclenche une levée de boucliers qui me laisse bien perplexe !
Plusieurs associations de prévention du tabagisme se “déclarent opposées à cette éventualité ».
On peut s’interroger sur leurs réelles motivations.

Santé du fumeur

Le Snus® répond à leur attente en offrant un produit moins dangereux.
Le tabac n’étant pas fumé, plus de goudrons, plus de fumée inhalée, plus de cancer du poumon.

Protection du non fumeur

Là encore, ces associations ne peuvent qu’applaudir !
Plus de tabagisme passif, plus de salles et terrasses de restaurants enfumées, plus de voiture familiale enfumée, plus d’incendies dramatiques.

Associations et Snus®

Ces associations vivent des subsides de l’état, subventionnées pour leurs actions de prévention.
Toute personne sérieusement informée et intellectuellement honnête sait pertinemment que la prévention du tabagisme telle qu’elle est menée, ne sert strictement à rien, sauf à faire vivre, des imprimeurs et autres corps de métiers n’ayant rien à voir avec le tabagisme.
Pour constater que la prévention ne sert à rien, suivez ce lien : HUTCHINSON SMOKING PREVENTION PROJECT (HSPP).

L’utilisation du Snus® leur retirerait leur levier principal : le tabagisme passif et la gène occasionnée au non-fumeur par la fumée du tabac.

Morale ou prévention du tabagisme ?

Associations de prévention du tabagisme ou associations moralisatrices et anti-tabac ?
Nous sommes dans une société moralisatrice pour qui l’idéal serait un homme raisonnable, s’alimentant sainement, sans aucune addiction de quelque sorte.
L’homme pur !
Soit.
Est-ce le rôle d’une association de prévention du tabagisme ?
En tant que tabacologue, ma position est claire, je n’ai aucun apriori contre le tabac et contre les consommateurs de tabac, fumeurs ou non fumeurs.
Si le tabac ne représentait aucun danger pour la santé, je ne m’y intéresserais pas.
Si l’industrie réussit à produire un tabac inoffensif, j’applaudirais des deux mains, sans réserve.

Snus® et substituts nicotiniques

De nombreux fumeurs, qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas quitter le tabagisme, soucieux de leur santé, tentent de diminuer leur risque en associant fume et substituts nicotiniques ou cigarette et cigarette électronique.
Un marché juteux pour les laboratoires fabricants de produits nicotinés.
Une protection dérisoire pour le fumeur, à un coût exorbitant.
Il est à peu près certain qu’un nombre important de ces fumeurs se dirigera vers le Snus®.
Qui, dès lors, a intérêt à mettre en avant la dangerosité du Snus® ?
Il est naturel dans ce cas de s’interroger sur l’indépendance, vis à vis des laboratoires pharmaceutiques. de ces associations qui se dressent avec véhémence contre le Snus®.

Pourquoi parle-t-on autant du Snus® aujourd’hui ?

L’industrie du tabac comme toute autre industrie souhaite tout d’abord vendre du tabac et faire des profits.
Beaucoup de tabac et beaucoup de profits.
Et utilise pour cela des méthodes douteuses souvent décriées, à juste titre.
Si leurs dirigeants, avec un grand cynisme, ont tenté de cacher la dangerosité de leur production, ils ne sont pas assez fous pour rechercher systématiquement la production de produits spécialement dangereux.
Ils veulent vendre un maximum de tabac avec un maximum de profit !
Leur intérêt principal est de vendre un produit le moins dangereux possible, à un consommateur, fumeur ou non, le plus longtemps possible.
Pour les raisons que j’expliquais il y a quelques mois, dans un précédent article, “Le Snus®”, les lobbyistes des sociétés américaines poussaient les politiques européens à interdire le Snus® parce qu’ils n’avaient pas de produit équivalent.
Ayant racheté une compagnie suédoise, pour les un et passé un accord commercial pour les autres, ils ont maintenant intérêt à vendre le produit au plus grand nombre et pas seulement aux suédois !

Dangers du Snus®

Le Snus® augmente le risque de cancer de la bouche et du pancréas, et également de maladies cardio-vasculaires.
Horreur !
Il faut bannir le Snus® !
Les études qu’il m’a été donné de connaître comparent la fréquence de ces maladies entre consommateurs de Snus® et non-consommateurs de tabac.
C’est un peu comme si demain j’écris : “il faut interdire la voiture machin. Une étude prouve qu’elle provoque des blessés et des morts par accident.”
Et de citer x% de blessés et x% de morts, en comparant une population utilisant la dite voiture, à une population exclusivement piétonne.
Ça n’aurait aucun sens.
C’est pourtant ce qui est fait avec le Snus®.
On compare une population d’utilisateurs de Snus® à des non-consommateurs de tabac !
Un minimum d’objectivité voudrait que l’on compare des populations utilisatrices de Snus® à des populations utilisatrices de tabac fumé.
Et là, pas de doute, le Snus® est, et de loin, beaucoup moins dangereux puisque vous éliminez les risques de cancer du poumon, de BPCO, du tabagisme passif et d’incendie.
Malgré les réserves émises plus haut, reportez-vous à ce rapport dont les auteurs sont les

  • Docteur Ivan Berlin*, Société Française de Tabacologie, Service de Pharmacologie, Université Paris 6, Faculté de médecine – Hôpital Pitié-Salpêtrière – INSERM U 677 Paris, France
  • Docteur Gérard Mathern*, Institut Rhône-Alpes de Tabacologie, Lyon, France, vous constaterez que la consommation de ce type de produit est un moindre risque par comparé au tabac fumé et principalement à la cigarette.

Snus® addictif

Oui, il contient notamment de la nicotine, associée aux autres composants du tabac.

Le Snus® est certainement plus addictif que la carotte rappée, mais pas plus que le tabac fumé.
Tous les alibis de la cigarette tombent (convivialité, partage, s’occuper les mains etc…)
L’aspect drogue est évident, et ça dérange.
Je reste certain que pour quelques fumeurs, passer au Snus®, met en évidence leur asservissement à une drogue dure et permet une prise de conscience de cet asservissement.

Faut-il promouvoir le Snus® sans réserve

Non, cent fois non !
Le Snus® reste un produit dangereux à consommer.
Mais tant que le tabac fumé sera autorisé, il n’y a aucune raison, et c’est même criminel, de refuser à un consommateur, la possibilité d’utiliser un produit moins dangereux.

Références

Un excellent rapport sur le Snus® rédigé par le professeur Robert Molimard

Pour en savoir plus, si les études scientifiques vous attirent :
Levy DT, Mumford EA, Cummings KM, Gilpin EA, Giovino G, Hyland A, Sweanor D, Warner KE. The relative risks of a low-nitrosamine smokeless tobacco product compared with smoking cigarettes : estimates of a panel of experts. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 2004 ; 13(12) : 2035-42.

O’Connor RJ, Kozlowski LT, Flaherty BP, Edwards BQ. Most smokeless tobacco use does not cause cigarette smoking : Results from the 2000 National Household Survey on Drug Abuse. Addictive Behaviors 2005 ; 30 (2) : 325-336

Boffetta P, Aagnes B, Weiderpass E, Andersen A.Smokeless tobacco use and risk of cancer of the pancreas and other organs.Int J Cancer. 2005 Jan 11 ;

Molimard R : Tabac sans fumée et dépendance. Sem.Hôp.Paris. (1987)43 : 3355-61.

Siegel D, Benowitz N, Ernster VL, Grady DG, Hauck WW.Smokeless tobacco, cardiovascular risk factors, and nicotine and cotinine levels in professional baseball players. Am J Public Health. 1992 ; 82(3) : 417-21.

Hergens MP, Ahlbom A, Andersson T, Pershagen G. Swedish moist snuff and myocardial infarction among men.Epidemiology. 2005 Jan ;16(1):12-6.

Frenk H, et Dar R : Dépendance à la nicotine. Critique d’une théorie. Editions « Les Belles Lettres Paris 2004 : 1 vol 418p

Bates C, Fagerström K, Jarvis M J, Kunze M, McNeill A and Ramström L. European Union policy on smokeless tobacco : a statement in favour of evidence based regulation for public health Tobacco Control 2003 ;12:360-367

Mis à jour le 11 septembre 2016

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