Tabac et allaitement

Cliquez pour découvrir un extrait du livre que je viens de publier :

Contrairement aux idées reçues, non seulement l’allaitement maternel pour une mère fumeuse n’est pas déconseillé mais chaudement recommandé !

Alaiter son bébé est toujours meilleur même pour une mère fumeuse.

Contrairement à bien des idées reçues,
Allaiter son nourrisson pour une mère fumeuse,
protège le bébé d’une partie des méfaits du tabagisme !
Photo Raphaël Goetter

Études disponibles

En France, aucune étude n’est disponible sur ce sujet.
Une méta-analyse canadienne a identifié les effets du tabagisme sur la grossesse et l’allaitement.
Cette étude montre trois différences entre les femmes fumeuses et non fumeuses.
Les mères fumeuses :

  • allaitent moins ;
  • cessent plus rapidement l’allaitement ;
  • ont des conditions socio-économiques moins favorables

que les mères non fumeuses.

Tabac, allaitement et infections respiratoires

Une étude de cohorte norvégienne menée sur 3 238 nourrissons portant sur les infections des voies respiratoires basses a montré que le tabagisme maternel majore le risque de développer une pathologie respiratoire d’environ 80 % pour un nourrisson exposé au tabagisme passif et allaité par la mère par rapport à un nourrisson non exposé et allaité par la mère.
Mais quand l’enfant est allaité au sein plus de 6 mois, le risque devient non significatif.

En revanche :

  • ce risque est multiplié par 6 si le nourrisson n’est pas allaité ;
  • L’allaitement maternel supérieur à 4 mois diminue le risque de bronchiolites dû au tabagisme passif ;
  • Cet allaitement maternel peut avoir un effet protecteur même pour un enfant exposé au tabagisme passif.

Relation entre allaitement, tabagisme passif et apparition de troubles respiratoires

Une étude américaine a montré une relation entre l’allaitement, le tabagisme passif et l’apparition de troubles respiratoires.
Le risque d’apparition d’asthme diminue significativement chez les enfants exposés au tabagisme passif mais allaités au sein par rapport aux enfants exposés au tabagisme passif mais non allaités.
L’effet est un peu plus important si la durée d’allaitement est supérieure à 4 mois.

Il y a donc une interaction entre le tabagisme maternel (ou tabagisme passif pendant l’allaitement) et les maladies respiratoires infantiles.

Il est indéniable que le tabagisme augmente le risque des maladies respiratoires infantiles mais cet effet est réduit par l’allaitement maternel en particulier s’il est de longue durée.

Tabac, allaitement et coliques du nourrisson

Une étude néerlandaise a évalué l’association entre le tabagisme maternel et le type d’allaitement sur l’apparition des coliques du nourrisson chez 3 345 nourrissons âgés de 1 à 6 mois.
La fréquence de coliques était deux fois plus élevée dans le groupe des nourrissons de mères fumeuses allaités artificiellement, mais cette prévalence diminuait et le risque redevenait non significatif si les nourrissons étaient allaités au sein.
Il existe donc une relation entre le tabagisme maternel et les coliques du nourrisson.
L’allaitement maternel semble réduire l’intensité de cette relation.

Tabac, allaitement et performances cognitives de l’enfant

Une étude américaine portant sur 570 enfants, exposés à un tabagisme de leur mère, fumeuse durant la grossesse, a tenté d’évaluer l’effet du type d’allaitement sur les performances cognitives de ces enfants à l’âge de 9 ans, par des tests de lecture, de prononciation, et d’arithmétique.
D’après ces résultats, les effets néfastes du tabagisme maternel sur les performances cognitives infantiles seraient limités aux enfants qui n’ont pas bénéficié d’un allaitement maternel.
Il semble donc que l’effet néfaste du tabagisme de la mère, sur son nourrisson peut être contrebalancé par l’effet fortement protecteur de l’allaitement maternel de longue durée.
Le risque de maladies respiratoires et de coliques de nourrisson est diminué par un allaitement maternel de longue durée.

Tabac, allaitement et poids du nourrisson

Les nourrissons allaités, de mères fumeuses, ont été comparés aux nourrissons allaités, de mères non fumeuses, et aux nourrissons de mères fumeuses, allaités artificiellement.
Le recueil des données s’est déroulé 1 à 3 mois après l’accouchement et un suivi des mères et de leur nourrisson a eu lieu à 1 an.
Bien que les enfants de mères fumeuses pèsent en moyenne 73 grammes de moins à la naissance, on constate qu’à 1 an ils pèsent 300 grammes de plus que les enfants de mères non fumeuses.

Conclusion

  • L’abstinence tabagique totale en cas de grossesse reste la première attitude à adopter.
  • Plus la durée de l’allaitement est courte, plus le risque d’apparition de maladies infantiles est élevé.
  • L’allaitement maternel par une mère fumeuse n’est pas du tout contre-indiqué.
  • Au contraire, sans entrer dans les détails de la composition du lait maternel,il est à encourager.
  • Les femmes fumeuses doivent être encouragées à choisir l’allaitement maternel le plus tôt possible pendant la grossesse.
  • Les futures mères qui n’arrivent pas à suspendre leur tabagisme pendant leur grossesse doivent se sentir moins coupables de savoir qu’elles pourront allaiter malgré leur tabagisme.
  • Pour certaines, décider d’allaiter peut même être un facteur déclenchant pour arrêter de fumer.
  • Fumeuse ou pas, il est bon de prolonger au maximum la durée de l’allaitement maternel.

Précaution de bon sens pour allaiter

  • Toujours donner la tété avant de fumer sa cigarette qu’elle soit industrielle ou roulée ;
  • fumer toujours à l’extérieur, pour éviter au maximum les nuisances pour le nourrisson.

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Patrick Louiche.